"L'ART au service de Dieu"

De quoi s'agit-il exactement ?


 L'ART chrétien surtout religieux, s’est développé  dans son histoire à travers diverses disciplines et a tenue un rôle fondamentale dans la culture Occidentale. Je parlerais surtout de la musique comme référence qui correspond à ma discipline artistique, donc lorsque je parlerais d'Art, ce sera du domaine musical.


PREMIÈRE PARTIE :


 Source et Histoire brève de la musique Occidentale.

 La célébration de l'Eucharistie et les offices religieux quotidiens, sont le socle de l'expression de la Foi des chrétiens. Très vite depuis les premiers siècles, ce besoin de manifester la Foi par des gestes encadrant la Liturgie, devient une énergie débordante, un point centrale de créativité, renouvelé depuis plus de 20 siècles. Fort de cette expérience séculaire et communautaire, nous percevons bien le lien naturel et essentiel entre la Foi, l'expérience mystique chrétienne et l'expérience artistique, la rencontre du Mystère chrétien et l'énergie créatrice de l'Art.

 

 Petite histoire de l'Art au travers de la musique :

Dès le 6° siècle avec Saint Séverin BOECE, martyr romain vers 524, philosophe chrétien et scientifique, démontra la grande Sagesse qui réside dans le domaine artistique. Sa pensée fut très étudiée influençant un grand nombre de personnes qui joueront un rôle prépondérant à l’élaboration de l’Art chrétien. Donnant à l’Art sa touche de noblesse à la fois scientifique et philosophique. Il va s’efforcer de nous démontrer que, puisque Dieu a créé l’univers de manière intelligente et harmonieuse alors l’Art, la musique par exemple, doit l’être aussi. L’Art doit mettre l’homme en concordance avec l’univers et son Créateur, dans la louange et l’adoration. Car la beauté qui transparaît dans la nature est signe que Dieu est Beau, qualification con-naturelle à Sa nature divine.

Pour ne parler que de la musique, les moines vont jouer un rôle fondamentale en créant un cadre liturgique dans lequel va s’élaborer l’Art de la voix, du chant sacré qui durant des siècles aboutira progressivement à la « polyphonie », chant à plusieurs voix ! (le contrepoint)

Au début du 7°siècle: le Pape Grégoire le Grand eut une grande influence dans la diffusion de la musique liturgique, on a attribué son nom à cette grande tradition du « chant grégorien ». Il contribua à son expansion dans tout l'Occident chrétien, créant de véritables écoles de musique, érigeant la musique liturgique en une véritable discipline artistique.

A partir du 10° siècle : dans l’antre de l’Art Sacré où s’élaborent les « drames liturgiques », comme Pâques, les « cycles de Noël » etc..., va surgir et s’élaborer en parallèle, l’Art profane, qui va donner une place plus prépondérante aux instruments de musique, interdits dans l’Église durant des siècles.

Aux 12° et 13° siècles : la tradition du chant des Troubadours et Trouvères, va être le creuset d’une formidable créativité qui débouchera vers une expression Lyrique de plus en plus élaborée. L’Art profane, frère ennemi de l’Art Sacré ? Pas si sûr, car l’Art profane, revendiquant à juste titre, son indépendance par rapport au « carcan » rigoriste de la Liturgie, va puiser aussi dans l’inspiration biblique ou profondément religieuse.

Au 14°siècle : le personnage le plus significatif dans l’excellence du chant profane, reste sûrement le grand et génial Guillaume De MACHAUT, clerc à REIMS vers (1300-1377) qui va prouver par son inspiration immense que l’Art profane est digne et d’un grand intérêt pour l’homme. Il va lui donner ses notes de noblesses évidentes par son travail considérable avec plus de 400 œuvres restantes, dominant ainsi presque tout le 14° siècle autant dans le domaine du sacré que profane. Pour lui il n’existe aucune rivalité entre le Sacré et le profane.

Jusqu’à présent les centres de cultures étaient surtout concentrés autour du monastère, dorénavant, celui-ci n’aura plus le monopole de la richesse de l’Art. En effet autour des villes et de ses grandes transformations, vers la fin du 13°siècles, l’épopée des cathédrales, va engendrer une extraordinaire explosion de la création artistique. Avec l’avancée et l’approfondissement de la « polyphonie » les chœurs vont enchanter les cathédrales. La création du motet, chœurs monumentaux, va complètement déborder du cadre sacré et Liturgique et devenir un style propre de l’Art profane.

Au 15°siècle : un autre clerc Guillaume DUFAY (vers 1400-1474) chanoine à CAMBRAI va continuer sur la même lancée que son grand prédécesseur Guillaume de MACHAUT tout en mettant l'accent sur la composition de plusieurs Messes et comme lui, va écrire aussi des chansons, des motets, des ballades du répertoire profane.

Au 16°siècle : Une effervescence musicale envahit toute l’Europe, les mécènes de tout bord engagent des musiciens de tout bord aussi. Ainsi les musiciens populaires, non clerc ni savant ou bourgeois, sont embauchés pour rivaliser dans le faste des villages ou cours voisines pour fêter telles occasions. La musique populaire commence à influencer les grands et les savants. Même la musique Sacré commence à se laisser influencer par l’apport des instruments, ainsi ceux-ci arrivent timidement mais de manière irréversible dans le monde de l’Art musicale. Il n’est pas rare que des chœurs soient accompagnés d’instruments savamment joués bien sûr. On voit de véritables écoles de musique se créer un peu partout: le fait musical n’est plus l’apanage des sages et des savants ou de grands maîtres ou professionnels mais de tous. Ainsi rois, Papes et autres personnalités veulent exercer leur passion musicale sans autre but que le plaisir de s’adonner à cette merveilleuse discipline.

 C’est à cette époque-ci que le Luth et la guitare vont devenir les rois de l’accompagnent musicale. Citons François I grand amateur de musique et musiciens lui-même, le Pape Léon X joueur de luth , chanteur et même compositeur! Citons de grands compositeurs comme Josquin DES PRES, Roland DE LASSUS, JANEQUIN, PALESTRINA, John DOWLAND etc....


Au 17°siècle : après cette effervescence musicale, la musique instrumentale va acquérir ses véritables notes de noblesses et de reconnaissances, donnant naissance à de grands mouvements musicaux comme la « vague déferlante » de la musique Baroque, terme d’abord péjoratif, expression bizarre, extravagant, sans valeur etc ....mais qui progressivement va acquérir ses notes de noblesses.  Soutenue par tout le monde, du Pape, aux rois et jusqu’au peuple. De plus en plus on assume le fait de passer du bon temps pour le plaisir d'écouter de la musique, ainsi beaucoup de lieux de concerts et spectacles sont créés pour la seule manifestation musicale et théâtrale. Avec l’invention de multiples styles musicaux comme l’opéra avec MONTEVERDI, le concerto, la sonate, le perfectionnement du Madrigal, l’Oratorio etc..., l’évolution des instruments et de ses techniques, vont créer une culture très riche et très élaborée.

Si l’influence des Papes est évidente dans le mouvement baroque, celui du roi Louis XIV particulièrement fut admirable et très impliqué personnellement, en ayant sous sa « protection » une pépinière de grands artistes LULLY, MOLIÈRE, les COUPERIN, etc... son règne marqua profondément cette période. C’est aussi l’époque des grands génies comme Heinrich SCHÜTZ, PURCEL, BUXTEHUDE, BÖHM, BACH, PACHELBEL, BIBER, KRIEGER etc....

 Au 18°siècle : C’est l’essor d’un art bourgeois qui reprend à son compte tous les genres musicaux et créant ses propres lieux de concerts et spectacles. Mais les goûts de ceux-ci ne sont pas aussi raffinés que ceux de l’aristocratie, un art moins sérieux, plus populaires et des fois de mauvais goûts. On va rechercher à surprendre par la virtuosité des artistes, par l’étrange ou l’originalité etc...cela va attirer un public moins instruit et trop souvent superficiel. Va se développer, l’opéra comique avec des sujets moins sérieux comparé à l’opéra de cour. Mais l’on prend de plus en plus conscience que la musique est vraiment un Art à part entière qu’elle n’est pas forcément au service de la Liturgie ou du roi. Les conservatoires vont se multiplier et beaucoup de gens font de la musique en simple amateur. L’Art musicale devient un art de vivre à part entière.

 Parallèlement on verra se développer la musique de cour ou la musique sacré. Ainsi à côté de ce phénomène euphorique, de grands génies vont être à leur apogée comme BACH, TELEMANN, MOZART, HAYDN, VIVALDI, SCARLATI, HAENDEL, PERGOLESE, RAMEAU, GLUCK, etc...

 Vers la fin du siècle, MOZART et HAYDN vont faire entrer la musique dans l’air du « classicisme » synthèse du baroque, musique plus rigoriste, plus définit que celle du Baroque. Sous la pulsion de la révolution la musique va servir la cause politique et nationale, va naître ainsi de grands orchestres et de grandes chorales.

  A partir de là, le patronage de l’Église s’estompe et va céder la place aux institutions et aux mécènes bourgeois, de plus l’influence de la Révolution française va accentuer cette indépendance vis à vis du Roi et de l’Église.

 Au 19°siècle: Nous arrivons ainsi progressivement à la création des grands opéras et de grandes symphonies sous la plume du génial BEETHOVEN, puis viendront WEBER, CHERUBINI, SPONTINI, ROSSINI, BERLIOZ, VERDI, WAGNER etc...mais à côté de ces grands maîtres existent aussi de grands compositeurs plus intimistes comme SHUBERT et CHOPIN. Avec eux, tout doucement la musique romantique va s’installer, relayé par LISZT, SCHUMANN etc...

 Les théâtres explosent, il faut citer à Vienne la grande influence des STRAUSS, valses et opérettes etc.... les grands musiciens abondent BRAHMS, BRUCKNER etc.... En France, il y a GOUNOD, OFFENBACH, BIZET etc....La musique russe avec MOUSSORGSKI, RIMSKI-KORSAKOV, TCHAÏKOVSKI, etc...

  Aussi la diffusion de la musique se fait de plus en plus de manière organisée et professionnelle, ce qui a pour conséquence d’apporter aux musiciens une plus grande indépendance vis à vis des mécènes privés. Toute une structure commerciale se met en place, les imprésarios se répandent de plus en plus.


 A cheval du 19°et 20° siècles de nouvelles formes musicales apparaissent comme le poème symphonique.


 Nous allons terminer notre exposé avec de grands compositeurs, citons MALHER, SIBELIUS, DEBUSSY, SAINT-SAËNS, FAURE, RAVEL....................... Il faudrait parler de la musique espagnole avec DE FALLA, ALBENIZ, GRANADOS, TURINO ET RODRIGO Il faudrait aussi parler de la musique contemporaine mais j'arrête là car mon but est, grâce à ce résumé succinct, de montrer combien les chrétiens ont été à la source de l’histoire de l’Art dans notre civilisation, combien l'influence de l’Église fut grande dans cette fantastique épopée de l’histoire de l’Art en Europe.